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Nos coups de coeur de septembre !

Voici nos coups de coeur du mois de septembre, à retrouver dans notre librairie.



Une terrible délicatesse, de Jo Browning Wroe.


Ce roman commence par la tragédie à peu d’autres pareille d’Aberfan. Pour rappel, en 1966, suite au glissement d’un pan de terril de charbon sur une école, 116 enfants et 28 adultes avaient péri. William Lavery est un jeune embaumeur fraichement diplômé, qui va sans doute reprendre l’entreprise familiale de pompes funèbres. Il se porte volontaire pour s’occuper de dizaines de petits corps. En voyant la douleur des parents, il prend une décision : il n’aura jamais d’enfants. Cette décision douloureuse n’est pas la première que prend William. Doté d’une voix extraordinaire, il a pourtant arrêté de chanter depuis de nombreuses années. Il ne parle plus à sa mère, ni à Martin, son meilleur ami, et fait pleurer la femme qu’il aime. Que s’est-il passé pour qu’il s’interdise sans cesse tout attachement, tout bonheur, lui dont le cœur est si généreux ? Nous découvrons peu à peu sa vie et ses blessures, de la mort de son père à ses premières années dans le prestigieux chœur de Cambridge, ses tourments familiaux, amicaux et amoureux. Nous apprenons à connaître un jeune homme plombé par la tristesse, tourmenté par son passé, qui ne désire plus qu’une chose : ne pas faire souffrir les autres, ce qui est une façon comme une autre de ne pas souffrir soi-même. Mais est-ce vraiment vivre ?


Un magnifique et bouleversant roman, porté par une plume délicate et sensible qui explore les parts d’ombre et de lumière de l’âme humaine, où tous les personnages expérimentent la puissance du pardon.




Le Goûter du lion, de Ito Ogawa.


Shizuko, gravement malade, décide de venir passer la fin de sa vie à la Maison du Lion, institution dédiée aux soins palliatifs située sur l’Île aux citrons, dans la mer intérieure du Japon. Avec elle, nous faisons la connaissance de Madonna, la directrice de l’établissement, dont la grande délicatesse et les petites attentions rendent le sourire aux pensionnaires. En leur compagnie, Shizuko assiste aux légendaires goûters du dimanche, pour lesquels chaque résident doit décrire sur un morceau de papier un dessert de son enfance auquel il souhaiterait regoûter, en espérant être tiré au sort. Un roman triste et beau, une ode à la vie et à la préciosité de ses joies simples.




Mon acrobate, de Cécile Pivot.


Izia et Étienne ont perdu Zoé, leur petite fille de huit ans, solaire et sensible, qui parlait aux objets aussi bien qu’aux animaux et savait les écouter. Izia refuse de toucher à la chambre de Zoé, dans laquelle elle se réfugie souvent, au milieu des odeurs et des jouets familiers. Graphiste, elle ne dessine plus, ne vit plus. Elle continue à parler à Zoé, à lui demander son avis sur tout. Étienne, professeur de philosophie à la fac, voit les limites de sa matière, qui n’offre aucun remède à sa peine, puisque l’ordre naturel des choses a été brisé. Dévastés, ils décident de se séparer provisoirement, persuadés, surtout Étienne, de se retrouver quand ils seront prêts. Étienne s’installe dans une bergerie du Sud de la France et Izia monte une petite entreprise qui propose ses services pour aider à vider les appartements de personnes décédées, à la demande de leurs proches. Ce travail de tri, de rangement, au contact de la mort, mais surtout des familles qu’elle rencontre, cette confrontation avec les souvenirs des autres, va la faire doucement revenir à la vie. Un très beau roman.




La Nuit des pères, de Gaëlle Josse.


Isabelle rejoint son père et son frère Olivier pour quelques jours, dans le petit village de montagne où ils vivent toujours, celui qu’elle a désespérément voulu quitter. Ses relations avec son père sont difficiles, surtout depuis la mort de leur mère qui avait un don pour tout apaiser. Ce guide de montagne taiseux et coléreux l’a beaucoup fait souffrir durant son enfance, par ses piques permanentes et son refus du bonheur. Désormais, il commence à oublier. Il a la mémoire qui s’effiloche mais, avant que ses souvenirs ne disparaissent pour de bon, il tient à leur raconter ce qu’il a vécu, les événements qui l’ont irrémédiablement abîmé. Ce roman nous parle de la difficulté d’aimer quand on est dévoré par ses souvenirs. Il est superbement écrit. Les relations familiales douloureuses y sont évoquées avec une grande justesse, entre rendez-vous manqués, amour qui ne se dit pas et blessures toujours à vif. En toile de fond trône une montagne dont la beauté austère et silencieuse sert de refuge.




Clara lit Proust, de Stéphane Carlier.


Clara est coiffeuse chez Cindy Coiffure, petit salon traditionnel tenu par Madame Habib. Elle y côtoie Nolwenn et Patrick, ainsi que des clientes régulières qui sont comme une famille pour elle. Elle sort avec JB mais la flamme s’est éteinte depuis un petit bout de temps. Un jour, un client oublie son exemplaire de Du côté de chez Swann au salon. Clara le prend et décide de le lire. Après quelques difficultés pour s’habituer à ses longues phrases « qui vont voir ailleurs », elle découvre chez Proust un univers nouveau qui la fascine et la passionne, des personnages attachants, des situations auxquelles elle s’identifie et surtout une grande beauté qui l’éblouit presque à chaque page. Proust ne lui dévoile pas seulement des réalités nouvelles ou invisibles, notamment liées à la puissance de la mémoire involontaire. Il lui fait mieux voir et mieux sentir le monde qui l’entoure. Et surtout, la lecture de son œuvre la révèle à elle-même. Un très beau roman, drôle et touchant, qui atteste du pouvoir de la littérature sur nos vies et notamment des grandes œuvres, celles qui nous grandissent et nous transforment.