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Idées de lectures pour la fin de l'hiver

Dernière mise à jour : sept. 8

Le Train des enfants de Viola Ardone (Albin Michel).


En 1946, Amerigo, un petit garçon de sept ans, quitte son quartier pauvre de Naples et monter dans un train avec des milliers d’autres enfants du Sud pour passer quelques mois dans une famille du Nord de l’Italie. Il s’agit d’une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial, pour qu’ils reprennent des forces. Loin de sa mère Antonietta, qui l’élevait seule, Amerigo découvre une autre vie et une autre famille. Il mange chaque jour à sa faim, retourne à l’école, apprend à réparer des instruments de musique et à jouer du violon. La vie dans le Nord se révèle bien douce. Déchiré entre l’amour maternel et sa famille d’adoption, quel chemin choisira-t-il ? Un très beau roman, très touchant, où la description de la rudesse de Naples fait penser à Elena Ferrante et la narration naïve et émouvante faite par un petit garçon à En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut.



Suzuran d’Aki Shimazaki (Actes Sud).


« Tu as de la chance d’être passionnée par une activité créative »


Anzu est une céramiste de talent. Elle habite seule avec son fils depuis son divorce et s’épanouit pleinement dans la pratique de son art, dans une petite ville au bord de la mer du Japon et au pied du mont Daisen, non loin de l’endroit où vivent ses parents. Désillusionnée de l’amour, son quotidien est tranquille. Quand sa sœur aînée, femme d’affaires et séductrice impénitente, annonce à sa famille qu’elle s’est fiancée et qu’elle viendra bientôt de Tokyo présenter à sa famille l’heureux élu, Anzu ne se doute pas que sa vie va être bouleversée… Un chef-d’œuvre de grâce et de délicatesse ! Jusqu’à la couverture, tout dans ce livre n’est que beauté, délicatesse, pudeur… Ce petit roman est plein de surprises, du début à la fin.



Les conflits d'une mère, Marie-Thérèse d'Autriche et ses enfants d’Élisabeth Badinter (Flammarion).


Puisant dans des archives inédites, Élisabeth Badinter revient sur la figure de Marie-Thérèse d’Autriche (à qui elle avait déjà consacré un ouvrage) par le biais de la maternité. Ce nouveau portrait révèle un aspect caché de sa personnalité : une mère complexe, fort soucieuse de ses enfants, capable de la plus grande tendresse, mais aussi parfois de dureté, voire d’injustice. Une femme souvent tiraillée entre les choix que lui dicte son cœur et ceux imposés par la raison d’État. Un superbe portrait.



Noëlla Rouget, la déportée qui a fait gracier son bourreau de Brigitte Exchaquet-Monnier et Eric Monnier (Tallandier).


NB : Ce livre a été publié en juin dernier et Noëlla Rouget s’est éteinte en novembre, à l’âge de cent ans !


Noëlla Rouget s’engage à vingt ans dans la Résistance. Elle transporte tracts et journaux sur son vélo. Mais le 7 juin 1943, tout bascule : son fiancé Adrien est arrêté, et elle le sera deux semaines après, par un Français, Jacques Vasseur, collaborateur zélé nommé à la tête de la section de la Gestapo d’Angers. Noëlla croise dans les couloirs de la prison son fiancé, torturé, et fusillé quelques jours plus tard. Déportée au camp de Ravensbrück en janvier 1944, elle se lie d’amitié avec Geneviève de Gaulle. Quand Jacques Vasseur est enfin retrouvé et jugé en 1965, Noëlla demande au général de Gaulle sa grâce, et l’obtient. La rescapée des camps veut croire à la rédemption de son bourreau, avec qui elle entreprend une correspondance jusqu’à ce qu’il sorte de prison. Cette biographie est une magnifique leçon. Noëlla Rouget, par son engagement dans la Résistance et plus tard contre la peine de mort, fait preuve d’un humanisme à toute épreuve et d’une grande humilité. Quand on lui fait des compliments, elle répond qu’elle a simplement eu la chance d’être bien entourée, ce qui l’a poussée à faire les bons choix. Sa force d’âme qui lui permet de pardonner est édifiante.


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